ODC et pathologies osseuses

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Ondes de choc : Pathologies osseuses

Dr Hervé AUQUIER - Médecin du sport - 1200 Bruxelles

HISTORIQUE

Dans le domaine ostéo-articulaire les ondes de choc ont d'abord été étudiées sur le tissus osseux. La crainte, dans les années 80 était de voir des dégats osseux au niveau du bassin et des têtes fémorales lors de traitement de calcul vésicaux par lithotripsie. On a donc étudié l'effet d'ondes de choc sur la tête fémorale. Contre toute attente, au lieu d'engendrer des dégâts sur l'os, on augmentait l'ostéosynthèse osseuse. En effet, l'augmentation de pression dans l'os stimule les ostéoblastes et l'ostéogenèze.

 

Les ondes de choc ont donc naturellement été essayées, avec succès, dans le traitement des pseudarthroses osseuses et des retards de consolidation, bien avant le traitement des tendinites qui, pourtant, représentent actuellement la grande majorité des indications des ondes de choc.

 

Au début des années 1990, déjà, des études scientifiques ont montré l'effet positif des ondes de choc sur le retard de consolidation osseuse (Valchanou et al. 1991; Johannes et al. 1994; Haupt 1997). La haute pression intra osseuse générée par les ondes de choc occasionne un détachement périosté, des microfracture corticale et un hématome sous-cortical, autant de phénomènes qui enclenchent la formation d'un nouveau cal osseux (Narasaki et al. 2003; Bara et al. 2000; Bulut et al. 2006). L'augmentation de pression est suivi d'un recrutement de cellules mésenchymateuses et leur différentiation en ostéoblastes (Martini et al. 2003; Chen et al. 2004; Aicher et al. 2006). On sait, par ailleurs que les ondes de choc induisent une néovascularisation périostée, par production de facteurs de croissance vasculaires dont le monoxyde d'azote.

 

Taki et al. sont les premiers à avoir publié une étude sur les ondes de choc extra-corporelles dans les fractures de fatigue (Taki et al. 2007). Ils rapportent cinq cas de fractures de fatigue rebelles chez des sportifs professionnels de 17 à 22 ans. Une fracture du cinquième métatarsien ostéosynthésée, une fracture de la malléole tibiale ostéosynthésée, deux fractures du 1/3 moyen du tibia et une fracture de la branche ischio-pubienne. Les symptômes douloureux persistaient de 6 à 17 mois après le diagnostic. Le traitement par ondes de choc extra corporelles a montré une disparition des douleurs à un mois et une consolidation osseuse radiologique à trois mois. Dans le cas de la fracture du cinquième métatarsien une décharge a été demandée pendant un mois. Dans le cas des deux fractures ostéosynthésées, il n'y a pas eu de complication liée à la présence de la vis.

 

Moretti et al. ont obtenu les mêmes résultats chez 10 joueurs de football atteints de fractures de fatigue rebelles du cinquième métatarsien et de la malléole tibiale. La guérison clinique et radiologique étant obtenue chez tous les patients en deux mois. (Moretti et al. 2008).

 

Rompe & Al ont montré, en 2007, l'efficacité d'un traitement par ondes de choc extra corporelle de faible intensité sur les périostites tibiales.

 

PATHOLOGIES

 

Les ondes de choc radiales sont actuellement utilisées avec succès dans les retards de consolidation des petits os. La fracture du cinquième métatarsien ou du scaphoïde tarsien en sont deux bons exemples.

 

Dans le milieu sportif ont l'utilise également depuis plus de quinze ans dans la périostite tibiale ou sur des fractures de fatigue qui n'évoluent pas favorablement telles les fractures de fatigue de la malléole tibiale ou du 1/3 moyen du tibia, du scaphoïde tarsien, un cinquième métatarsien, des sésamoïdes et du pubis.

 

PROTOCOLES

En règle générale le protocole pour les ondes de choc radiales est le suivant :

 

6 à 8 séances

1 à 2 x/semaine

2 à 3 bars

2000 coups/séance sur une zone osseuse circonscrite.

9 à 15 Hz

 

Sur la périostite tibiale, le nombre de coups par séance est beaucoup plus élevé étant donné la longueur de la zone à traiter.

 

REFERENCES

 

Valchanou & al. High energy shock wave in the treatment of delayed and nonunion of fractures; Int Orthop191, 15, 181-184.

 

Johannes & al. High-energy shockwaves for the treatment of nonunions: an experiment on dogs. J SurgRes. 1994;57:246-252.

 

Haupt & al. Anwendung der hochenergetischen extracorpo-ralen stoßwellentherapie bei pseudarthrosen, Tendinosis calcanea derschulter und ansatztendinopathien (Fersensporn, Epicondylitis). In:Chaussy C, Eisenberger F, Jochum D, Wilbert D, eds. Die Stoßwelle-Forschung und Klinik. Tübingen, Germany: Attempto; 1995:143-146.

 

Narasaki & al. Effect of extra corporeal shock waves on callus formation during bone lenghtening. J Orthop Sci2003;8:473-481.

 

Bara & al. The application of shock waves in the treatment of delayed bone union and pseudarthrosis in long bones. Orthop Traumatol Rehabil 2000;2:54-57.

 

Bara & al. Nine-year experience with the use of shock wave therapy for treatment of bone union disturbance. Orthop Traumatol Rehabil 2007;9:254-258.

 

Bulut & al. Extra corporeal shock wave therapy for defective nonunion of the radius in a rabbit model.

J Orthop Surg (Hong Kong) 2006;14:133-137

 

Martini & Al. Effects of extra corporeal shock wave treatment on osteoblast-like cells. Clin Orthop Relat Res 2003;269-280.

 

Chen & Al. Recruitment of mesenchymal stem celles and expression of TGF- beta 1 ans VEGF in the early stage of shock wave-promoted bone regeneration of segmental defect in rats. J. Orthop Res 2204;22:526-534.

 

Aicher & Al. Low-energy shock wave for enhancing recruitment endothelial progenitor cells. Circulation 2006;14:2823-2830

 

Taki & al. Extra corporael shock wave therapy for resistant stress fractures; Am J Sports Med July 2007 35 1188-1192.

 

Moretti & al. Shock wave therapy in the treatment of stress fractures; Ultrason in Med & Biol; jan 2009, pp 1-9.

 

Rompe & al. Low-Energy Extracorporeal Shock Wave Therapy as a Treatment for Medial Tibial Stress Syndrome ; Am J Sports Med January 2010 38 125-132.

 

 

 

 

 

Traitement d'une périostite tibiale. Balayage de la crête tibiale postrieure.

Fracture de fatigue du cinquième métatarsien résistante malgré ostéosynthèse. Avant traitement, à un mois et à trois mois du traitement par ondes de choc (Taki & al.)

Fracture de fatigue de la maléole tibiale résistante malgré ostéosynthèse. Avant traitement, à un mois et à trois mois du traitement par ondes de choc (Taki & al.)

Fracture de fatigue de la branche ischio-pubienne. Avant traitement, à un mois et à trois mois du traitement par ondes de choc (Taki & al.)

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