Pronation tardive

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La pronation tardive et ses conséquences

Dr Hervé AUQUIER - Médecin du sport - 1200 Bruxelles

Qu’est-ce que la pronation tardive ?

 

La pronation est le mouvement naturel du pied lors du pas. C'est, schématiquement, le mouvement qui permet au pied d'attaquer le sol par le bord externe du talon pour terminer, lors de la phase de décollement, par le bord interne de l'avant pied, à savoir, le premier orteil. Le chef d'orchestre de cette pronation est l'articulation sous-talaire qui impose au reste du pied (médio-tarsienne, Lisfranc et premier rayon) le même mouvement.

 

L’excès de pronation est avant tout provoqué par une instabilité de l’articulation sous-talaire qui se place en pronation excessive lors de l’attaque du talon au sol. Une sous-talaire normale a environ 30° de liberté répartis en 20° de supination et 10 ° de pronation. Cette mobilité est de 40° chez l’enfant et passe progressivement à 20° chez la personne âgée.

 

L’excès de pronation de la sous-talaire imprimera un excès de pronation à tout le pied : médio-tarsienne et premier rayon, augmentant considérablement la durée de la phase d’appui.

 

 

Quelles sont les conséquences pathologiques ?

 

 

Le complexe cheville/sous-talaire perdra une partie de son rôle d’amortissement et transmettra davantage d’ondes de choc dans le tibia exposant celui-ci à un plus grand risque de fractures de fatigue.

 

On observera aussi davantage de rotation dans le genou et une translation externe de la rotule et de l’appareil extenseur du genou. Ceci exposant à une plus grande fréquence de tendinopathie rotulienne, chondropathie rotulienne et chondropathie tibio-fémorale.

 

Une plus grand traction sur les tendons rétro-malléolaires internes occasionnera davantage de lésions à leur niveau. On parle ici du jambier postérieur, du fléchisseur propre de l’hallux et du fléchisseur commun (tendinopathies, périostite).

 

L’affaissement de l’arche interne entraînera plus de pression sur la clé de voûte du médio-pied et pourra être responsable de fractures de fatigue du naviculaire et des cunéiformes. La prolongation d’appui sur le premier rayon sera responsable d’une aggravation d’un hallux valgus ou d’un hallux rigidus.

 

Cet appui prolongé sera aussi à l’origine de lésions des sésamoïdes et de fractures de fatigue de la tête des premiers métatarsiens.

 

 

Comment reconnaître une pronation tardive ?

 

 

Si c'est in fine au podologue à affirmer la pronation tardive, l'examen clinique médical permet de l'évoquer. L'observation du patient de face lors de la marche peut déjà observer une tendance au pied en charge à "s'affaisser" en dedans, la durée de la phase d'appui semble plus prononcée en intensité et en temps. Le genou semble tourner en dedans.

 

Mais c'et avant tout l'analyse de la stabilité de la sous-talaire puis de la médio-tarsienne et enfin du premier rayon qui est utlie.

 

La sous-talaire s'étudie préférentiellemùent en appui. Une accentuation du valgus calcanéen est souvent le signe d'une instabilité sous-talaire. L'appuis monopodal va accentuer le valgus. (voir examen clinique du pied).

 

La sous-talaire s'analyse également en décubitus ventral. Le thérapeute mobilisant la sous-talaire en pronation/supinatiion en prenant soin de bloque la talo-crurale. (voir examen clinique du pied)

 

L'examen de la médio-tarsienne s'étudie en décubitus doral, le thérapeute prenant l'arrière-pied d'une main ferme, de l'autre il empoigne l'avant pied et imprime des mouvement d'abduction/adduction et de pronation/supination dans l'articulation de Chopart. (voir examen clinique du pied)

 

Enfin la mobilité du premier rayon est estimée par des mouvement de translation de haut en bas

 

 

 

Prise en charge de la pronation tardive.

 

 

La pronation tardive nécessitera selon les désagréments qu’elle occasionne le port d’une chaussure de jogging suffisamment rigide, avec soutien suffisant.

 

Une semelle fonctionnelle sera la plupart du temps nécessaire. Celle-ci, pour être efficace, devra avant tout contrôler l’excès de pronation dans la sous-talaire et adapter les structures antérieures en fonction de la stabilité de la médio-tarsienne et du premier rayon.

 

Il est illusoire de croire que des exercices de « renforcement » du pied pourront augmenter la rigidité des différents ligaments du pied et ainsi la stabilité des articulations.

 

4 images ci-dessus : Examen de la médio-tarsienne. En haut : Valgus & Varus. En bas : Adduction & Abduction.

 

Podologie

 

Ci-dessus : appui monopodal. Bonne stabilité sous-talaire

 

Ci-dessus : accentuation du valgus calcanéen en appui unipodal : instabilité sous-talaire.

 

Ci-dessus : mobilisation de la sous-talaire.

 

Ci-dessus : appréciation de la mobilité du premier rayon.

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