Course minimaliste

Medical Athletics

Comme nous l’avons vu dans l’analyse du type de foulée, la course minimaliste s’inspire du cycle antérieur du pas où l’attaque au sol se fait, non pas par le talon mais par le médio-pied, voire l’avant-pied.

 

Très en vogue actuellement la technique est séduisante. Elle prône l’utilisation de chaussures de plus en plus minimaliste, rendant au pied son rôle propre d’amortisseur/propulseur. Elle permet de diminuer les ondes de choc au niveau des os et articulations du corps (talon, talo-crurale, genou, charnière lombo-sacrée).

 

Le but est de courir avec des chaussures de plus en plus fines, voire sans chaussure.

Il faut ici préciser le type de sollicitation de la course minimaliste au niveau du pied

 

Ce type de course nécessite :

 

-Un type de foulée antérieure.

-Souplesse de la chaîne suro-achiléo-plantaire.

-Souplesse mais pas de laxité du médio-pied.

-Souplesse mais pas laxité du premier rayon.

 

 

Ce type de course ne conviendra pas :

-Au coureur ayant une foulée postérieure.

-Lors d’une rétraction des gastrocnémiens.

-Lors d’une pronation tardive.

 

 

Actuellement il n’existe aucune preuve scientifique de meilleures performances lors de la course minimaliste.

L’exemple suivant est bien connu, même s’il ne permet, aucune conclusion scientifique :

 

Abebe Bikila (Ethiopie) est à coup sur le coureur « minimaliste » le plus célèbre. En 1960 il gagna le marathon des Jeux Olympique à Rome en courant pieds nus. Ce jour-là, il réalisa un chrono de 2h15mn16 (record du monde). Quatre ans plus tard il conquit à nouveau le titre olympique en 2h12mn11, mais cette fois-ci – pour des raisons financières -chaussé d’une paire de running. Il serait hasardeux de vouloir comparer deux performances distantes de quatre ans (conditions de course et parcours différents, quelques évolutions dans son entrainement,…). Mais à priori le fait de mettre une paire de running ne l’a pas handicapé…

 

Dans le domaine de la pathologie, la course minimaliste verra une plus faible fréquence de pathologies du genou (chondropathies tibio-fémorales, fractures de fatigue du plateau tibial interne). Par contre, on rencontrera plus fréquemment des pathologies de l’avant-pied, du médio-pied et du triceps sural.

 

On pourra, en revanche, conseiller davantage le mode de foulée antérieure, utilisé en course minimaliste, mais avec des chaussures « normales » dans un série de cas comme les antécédents de pathologies lombaires, la gonarthrose débutante, le surpoids. Il est donc important de comprendre que foulée antérieure n’est pas synonyme de course minimaliste.

 

Passer d’un type de foulée postérieure à un type de foulée antérieur nécessite un apprentissage lent et progressif. Le coureur devra apprendre dans un premier temps à éviter la bascule antérieure du bassin par un travail de gainage des abdominaux inférieurs et un renforcement des ischio-jambiers ainsi qu’un travail d’étirement de la chaîne antérieure (quadriceps et psoas). Ensuite les foulées devront être plus petites. Le coureur devra apprendre à monter plus haut les genoux. La fréquence des foulées pourra être augmentée. Enfin, on jouera progressivement sur la diminution du drop de la chaussure (Différence d’épaisseur entre le talon et l’avant).

 

Copyright © All Rights Reserved Medical Athletics SPRL