Hallux Valgus

Medical Athletics

Définition

 

On définit l’hallux valgus comme une désaxation progressive de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil. Lorsque l’angle est supérieur à 20°, il se crée un conflit de la 1ère tête métatarsienne dans la chaussure ce qui provoque la formation d’une exostose, communément appelée « oignon ».

On parlera de metatarsus varus si l’angle entre le 1er et le 2ème est supérieur à 10°. Dans ce cas de figure, le pied s’élargit, il se crée donc des métatarsalgies de transfert ainsi que des déformations digitales (griffes d’orteils, déformation en coup de vent). Le premier orteil étant incompétent, les pression sont transférées vers les petits orteils.

Il se crée une troisième déformation qui est une rotation interne de l’hallux.

HA: Hallux abductus angle (hallux valgus); IM: Intermetatarsal angle

(http://cursoenarm.net)

Physiopathologie

 

La déformation est telle que le premier métatarsien est déplacé en varus alors que l’hallux est couché en valgus en réalisant un angle dont le sommet crée une saillie interne (oignon).

La tête métatarsienne ne repose plus sur ses deux sésamoïdes ce qui la prive de leur force propulsive et surcharge les rayons voisins.

Enfin, le tendon fléchisseur prend donc la corde de l’arc et pérennise la déformation (cf image ci-dessous)

 

 

 

http://www.afcp.com.fr/infos-publiques/infos-patients/hallux-valgus/

Les causes :

 

  • Les chaussures : trop étroites, trop souples, talons trop haut (> à 4 cm) ;
  • La forme du pied : l’avant pied égyptien (1>2>3>4>5) ;
  • Congénital/familial : 1 cas sur 3. Os surnuméraire, dorsiflexion congénitale du 2ème rayon, atrophie digitale.
  • L’âge : Relâchement tissulaire lors de la ménopause chez les femmes et l’hypermobilité du premier rayon chez les sujets jeunes.
  • L’excès de poids.
  • Les facteurs mécaniques : La pronation tardive, l’insuffisance et/ou l’hypermobilité du premier rayon, le valgus calcanéen.
  • Le sexe : 95% sont des femmes.
  • L’effacement de la crête intersésamoïdienne.
  • L’interligne cunéo-métatarsienne oblique ou curviligne.
  • La forme et l’orientation de la première tête métatarsienne.
  • Les causes inflammatoires : polyarthrite rhumatoïde, la goutte.
  •  

 

Examen complémentaire : La radiographie

http://www.sciencesetavenir.fr

Traitements :

 

Préventif

-Le choix des chaussures (Flexion au niveau de l’avant pied et non au milieu, pas d’excès de torsion ni de souplesse, contrefort raisonnablement solide)

-La mobilisation de l’articulation pour éviter l’enraidissement (flexion,extension, rotation, décoaptation)

-Orthoplastie de type écarteur/séparateur en silicone.

 

-Contentions élastiques pour soulager les tension musculo-tendineuses (elles sont non correctices)

 

-Semelles podologiques : Afin de soutenir/rigidifier l’articulation métatarso-phalangienne et faciliter la propulsion, afin de soulager les métatarsalgies de

transfert, afin de corriger le valgus calcanéen qui provoquera une pronation tardive et une déformation de l’hallux, afin de corriger la posture trop antérieure

responsable de surcharge de l’avant pied. (Développement de la partie podologique en fin de présentaion)

-Strapping

 

-Soins podologiques : traitement des durillons (dus au transfert de charges sur les métatarsiens voisins), de l’ongle incarné (du à la rotation de l'hallux liée à

la pronation tardive), cors (dorsaux /pulpaires ou interdigitaux dus aux griffes d’orteils).

 

-L’acupuncture

 

-La mésothérapie

 

-L’application d’huiles essentielles : Gaulthérie, eucalyptus citronné.

 

 

Chirurgical

 

Lorsque les autres traitements ont échoué et que la déformation devient trop douloureuse.

Il existe de très nombreuses techniques que nous ne développeront pas mais il s’agit en général :

 

- D’une exostose de la saillie de la première tête métatarsienne,

 

- Libération de la sangle sésamoïdienne,

 

- Remise en tension de la capsule interne,

 

- D’une ostéotomie métarsienne en vue d’un déplacement osseux/réaxation puis fixation. (SCARF, AKIN, CHEVRON, WEIL, Mc BRIDE, Arthrodèse).

- D’autres techniques consistent en un déplacement tendineux unique quand la déformation n’est pas trop forte.

 

Discussion sur le traitement podologique :

 

Rigidifier/soutenir l’articulation métatarso phalangienne :

 

Dans le cas de l’hallux valgus l’articulation métatarso phalangienne, au-delà de 20°, commence à former la saillie osseuse qui deviendra problématique et souvent douloureuse au chaussage. Il n’est pas possible de corriger définitivement un hallux valgus sans intervention chirurgicale mais il est en revanche possible d’éviter que la déformation s’agrave.

 

Par le biais d’un séparateur en silicone, réalisé sur mesure par le podologue, on peut soutenir l’hallux (dans le cas d’un hallux valgus souple) en maintenant un écart entre le premier et le deuxième orteil.

http://www.chirurgie-cheville-pied.com

Par le biais d’une correction dans la semelle, le podologue va donner davantage de rigidité à l’articulation métatarso-phalagienne afin de faciliter le passage en propulsion et d’éviter une pronation tardive douloureuse.

En outre, par le biais d’un autre type de correction dans la semelle, le podologue va augmenter la position de la première tête métatarsienne par rapport à la deuxième pour éviter sa chute et sa rotation lors de la phase de propulsion.

 

Soulager les métatarsalgies de transfert :

 

Ne sachant plus propulser correctement, l’hallux perd sa fonction dynamique de propulsion et réclame donc de l’aide aux rayons voisins pour faciliter cette étape de la marche. Ce qui posera problème c’est que les têtes métarsiennes voisines sont deux fois plus petites que la première. De plus, elles sont plus instables alors des complications de type métarsalgies apparraissent dans la dégénérescence de l’hallux valgus.

Il se crée un transfert de poids sur les têtes métatarsiennes en phase propulsive qui provoque une atteinte de l’os pouvant aller jusqu’à la fracture de stress de la deuxième tête métatarsienne (cf image ci-dessous) voire même une fracture de stress des métatarsiens 2 et 3.

www.medical-athletics.eu

Cet excès de charge peut également conduire à un syndrôme de Morton (cf image ci-dessous).

http://www.podologuesport.com

 

La correction podologique se fait en donnant plus de rigidité au premier rayon (premier cunéiforme /premier métatarsien) ainsi qu’à l’articulation métatarso-phalangienne et/ou en augmentant l’épaisseur de la semelle sous la première tête métatarsienne. Les matériaux placés sous les têtes métatarsiennes seront souples et absorbants ainsi que le revêtement de la semelle (matériaux type mousse).

 

Corriger le valgus calcanéen :

 

Plus le valgus calcanéen sera important, plus l’effondrement de l’articulation métatarso-phalangienne le sera. De ce fait, l’hallux valgus n’aura plus d’autre choix que de s’élargir et rendre la propulsion difficile.

 

La semelle devra corriger le valgus calcanéen en redonnant une position neutre (verticale) à l’articulation sous astragalienne.

http://www.thion-medical.com

Corriger la mauvaise posture :

 

Dans le cas de l’hallux valgus unilatéral, on peut retrouver des déviations en cascade asymétriques : hallux valgus, valgus calcanéen important, valgus de genou, endorotation de la hanche, bascule pelvienne… De plus, la posture du côté affecté se projette en avant en provoquant un vrillage de l’hémi bassin.

 

Dans le cas d’hallux valgus bilatéraux de même déviation, la posture globalement est projetée en avant et crée une réaction également en cascade mais symétrique cette fois-ci ce qui met le patient sous tension littéralement : étirements des tendons d’Achille, des triceps suraux, des psoas, de la colonne lombaire… valgus calcanéen, endorotation du tibia, genou valgum, endorotation de la hanche.

http://www.posturologie06.com/le-capteur-podal/

La correction podologique se basera sur une analyse posturale afin d’établir le bon réglage de la posture du patient.

Le podologue fera une série de tests lors de l’examen de la posture et corrigera via des éléments fins qui agissent sur les capteurs sensoriels. Le travail interdisciplinaire avec le kinésithérapeute et l’ostéopathe est indispensable.

 

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