Fracture de fatigue du scaphoïde

Medical Athletics

Fracture de fatigue du scaphoïde tarsien

Dr Hervé AUQUIER - Médecin du sport - 1200 Bruxelles

Définition.

La fracture de fatigue de l'os naviculaire reste une entité assez rare. Elle touche surtout les jeunes sportifs. on la retrouve d'avantage en athlétisme chez les sprinteurs (200m et 400m) et chez les sauteurs (hauteur). On la retrouve beaucoup plus rarement dans les sports de ballon (football et handball). Parmi les fractures de fatigue du pied est est la plus difficile à traiter

 

 

Physiopathologie.

 

L'os naviculaire est considéré comme la clef de voûte de l'arche interne du pied. Il est donc soumis à d'énorme contraintes en compression. Situé à la partie proximale de la colonne du premier rayon, il est excessivement sollicité à la fois dans la phase d'amortissement du pied lors du contact au sol et lors de la phase de propulsion du pas.

 

Les chocs répétes lors des sauts ou des courses rapides sont donc la cause première de la survenue de la fracture. En athlétisme, on la rencontre préférentiellement chez les coureurs de 200 et 400m, ce qui mène à penser que le sprint en courbe pourrait avoir sa part de responsabilité dans la pathogénie de la fracture. La pied droit, extérieur au tournant se place en légère rotation externe, la pronation du premier rayon est très appuyée. Cependant, d'après certaines études, on retrouve autant de fractures du naviculaire droit que du naviculaire gauche chez les coureurs de 200m et 400m.

 

Saillant et coll. rapportent 17 cas dont 3 ont une atteinte bilatérale, 10 une atteinte gauche et 4 une atteinte droite. Dans cette même étude, la population des sauteurs ainsi que pour un joueur de handball, le pied lésé était toujours le pied d'impulsion. Chez les sportifs pratiquant la course sur piste l'atteinte du pied extérieur (droit) n'a pas été retrouvée prédominante (6 pieds gauches et 4 pieds droits).

 

Le type de pied (plat ou creux) ne semble pas non plus déterminant. Par contre, la grande majorité des auteurs s'accordent pour affirmer que le type de pied grec (premier rayon plus court que le deuxième) associé à une pronation tardive semble être une facteur déterminant dans la survenue d'une fracture de fatigue de l'os naviculaire.

 

Clinique.

 

Dans la majorité des cas la douleur survient progressivement. Elle est ressentie lors de l'impulsion des sauts ou lors du sprint au niveau du cou-de-pied. Elle n'est pas ressentie au repos ou lors de la marche.

 

Rarement, le début est brutal, accompagné d'une sensation de craquement lors d'une impulsion ou d'un saut.

 

L'examen clinique montrera une douleur élective à la palpation de l'os naviculaire. La montée sur la pointe des pieds, et, à fortiori le sautillement sur la pointe des pieds réveillent la douleur. Le testing analytique du jambier postérieur et du fléchisseur propre de l'hallux sont en principe indolores.

 

Examens complémentaires.

 

La scintigraphie reste l'examen le plus sensible même s'il n'est pas spécifique. La radiographie standard ne montre généralement pas le trait de fracture en tout cas en début d'évolution.

 

Le scanner osseux est utile à la fois pour confirmer la fracture et surtout pour la préciser : taille, déplacement éventuel, présence de géodes osseuse (dans le cas d'anciennes fractures),...

 

Diagnostic différentiel.

 

La fracture de fatigue est parfois confondue avec une tendinite d'insertion du jambier postérieur. Le testing analytique du tendon permet dans la majorité des cas de faire la part des choses.

 

 

Traitement.

 

Le traitement préventif

 

Tous les auteurs s'accordent pour dire que le traitement préventif repose sur le port systématique de semelles fonctionnelles permettant le soutien de l'arche interne et limitant la pronation tardive du premier rayon.

 

Le Traitement orthopédique et chirurgical.

 

Il consiste à immobiliser le pied dans une botte en résine, en décharge, pour une durée de six semaines. il ne sera applicable qu'aux fractures vues précocement (mois de 2 mois) et non déplacées.

 

Il faut noter qu'une fracture partielle a plus de chance de guérir sous traitement orthopédique qu'une fracture entreprenant le naviculaire de part en part. L'étude de Torg rapporte que sur 6 cas de fractures partielles 5 avaient consolidé alors que sur 8 cas de fractures complètes non déplacées il y avait 2 fractures itératives et 2 pseudarthroses. Saillant a opté pour le vissage en compression du foyer de fracture chaque fois que la fracture était complète qu'elle soit ou non déplacée.

 

Les résultats de la chirurgie semblent bons, Fitch recense 12 très bons résultats avec reprise des activités sportives au même niveau dans les délais compris entre 5 et 12 mois sur un total de 15 patients. Saillant note que sur 17 patients 13 ont repris le sport à un même niveau dans un délai compris entre 3 et 14 mois.

 

En savoir plus.

 

•Les fractures de fatigue du scaphoïde tarsien (os naviculaire) À propos de 55 cas

Delplace J., Germonville T. , Lecestre P.

 

Imagerie

Scanner (ci-dessous) montre le trait de fracture dans le scaphoïde tarsien. Le trait de fracture est complet.

 

 

 

Ci-dessous : scintigraphie d'une fracture de fatigue du scaphoïde tarsien

 

 

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