La chaussure de jogging

Medical Athletics

Revue de la littérature.

La chaussure de jogging, un outil de prévention contre les blessures liées à la course à pied ?

Chloé VERBOIS et Julien KLEPPER, kinésithérapeutes du sport

 

Mémoire réalisé en vue de l'obtention du diplôme de kinésithérapeute du sport. Université Catholique de Louvain - Faculté des sciences de la motricité.

Pour le texte intégral, le matériel et la méthode, s'adresser aux auteurs.

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

Depuis une dizaine d’années, la course à pied est de plus en plus populaire. Un des éléments qui témoigne de cette popularité est le nombre grandissant de participants aux courses organisées telles que les marathons ou les trails. Aux États-Unis, ce nombre a effectivement augmenté de plus de 40 % en 10 ans (Butts & Gebke, 2011). Quant au Marathon de Paris, le nombre d’inscrits est passé de 40 000 à 54 000 en 5 ans . Cet engouement est sûrement dû aux nombreux avantages de ce sport : efficace, pratique, accessible à tous et pas cher. En effet, il suffit d’une paire de chaussures, d’un short et d’un t-shirt. En partant de chez soi ou du bureau et, en moins d’une heure, on peut s’être dépensé, avoir pris sa douche et être prêt à continuer sa journée. Il a également été prouvé que pratiquer une activité physique régulière telle que le jogging est un facteur de protection cardio-vasculaire sur le long terme (Marti, Vader, Minder & Abelin, 1988).

Cependant, les blessures liées à la course à pied (« Running-Related Injury ») sont fréquentes. Celles-ci peuvent être définies comme une douleur physique ou une plainte localisée au niveau des membres inférieurs ou du dos apparaissant durant et/ou résultant de la pratique de la course à pied et qui empêche de courir au minimum 1 jour (Malisoux et al., 2013). D’après les données que l’on peut recueillir dans la littérature, 20 à 75 % des coureurs font l’expérience d’une blessure sur l’année qui les empêche de pratiquer leur sport (Jacobs & Berson, 1986 ; Marti et al., 1988 ; Walter, Hart, McIntosh & Sutton, 1989 ; van Mechelen, 1992 ; Taunton et al., 2003 ; van Gent et al., 2007).

 

Le site prédominant des blessures aux membres inférieurs est le genou avec une incidence allant de 7,2 % à 50,0 %. Les autres sites fréquents sont la jambe (9,0 % à 32,2 %), le pied (5,7 à 39,3 %) et la cuisse (3,4 % à 38,1 %). Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, le syndrome du stress tibial (souvent appelé « périostite tibiale »), le syndrome fémoro-patellaire, la tendinite d'Achille, la tendinite tibiale postérieure et la fasciite plantaire sont quelques-unes des blessures des tissus mous les plus fréquemment diagnostiquées (Heir & Eide, 1996 ; Vleck & Garbutt, 1998 ; Yeung, Yeung & Gillespie, 2011).

 

L’étiologie de ces blessures liées à la course à pied est multifactorielle. Plusieurs publications parmi celles de Marti et al. (1988), Schwellnus et Stubbs (2006) et Saragiotto et al. (2014) mettent en avant des facteurs intrinsèques (les troubles biomécaniques, les antécédents de blessure, etc.), alors que d’autres insistent davantage sur l’influence des facteurs extrinsèques (la qualité et le type de course, l’entrainement, le terrain, le type de chaussures, etc.). Certains facteurs de risque peuvent être modifiables (la fréquence d’entrainement, la distance d’entrainement, l’échauffement, le choix des chaussures, etc.), d’autres ne le sont pas (l’âge, le sexe, les antécédents médicaux, les troubles biomécaniques, etc.).

 

Un facteur biomécanique souvent cité est l’hyperpronation. La pronation du pied est définie comme une combinaison de mouvements naturels adaptatifs du pied pour absorber les chocs durant la marche et la course (Buchbinder, Napora & Biggs, 1979 ; Perry & Lafortune, 1995). Cependant, si cette pronation est trop importante, le pied devient hyperflexible et instable lors de la phase d’appui (James, Bates & Osternig, 1978 ; Cheung, Ng & Chen 2006). Cette hyperpronation peut aussi créer un mouvement excessif transféré dans la rotation tibiale. L’apparition de diverses pathologies comme la fasciite plantaire ou la tendinopathie d’Achille pourraient être favorisées par ce mouvement de pronation excessive.

 

Un autre facteur biomécanique pouvant vraisemblablement être responsable des blessures en course à pied est la répétition des chocs. L’accumulation des impacts pourrait provoquer des microtraumatismes et des lésions de surcharge, lesquels représentent la majorité des pathologies en course à pied. Il serait logique de penser que la réduction de ces chocs excessifs à l’aide d’une chaussure plus amortissante pourrait être un outil de prévention contre les blessures liées à la course à pied (Schwellnus, Jordaan & Noakes, 1990 ; Gillespie & Grant, 2000 ; Yeung & Yeung., 2001).

 

Selon plusieurs auteurs, le mauvais choix des chaussures serait un facteur de risque extrinsèque (Ballas, Tytko & Cookson, 1997 ; Johnston, Taunton, Lloyd-Smith & McKenzie, 2003). Actuellement, plusieurs types de chaussures sont communément conseillés en fonction de la hauteur d’arche du pied du coureur. Les chaussures « motion control » sont recommandées pour les individus avec une arche basse souvent associée à une mobilité excessive de l’arrière et du médio pied. Ces chaussures sont étudiées afin de contrôler ces mouvements excessifs et donc de permettre une diminution des risques de blessures. Les chaussures avec des qualités supérieures d’amorti sont conseillées pour les individus avec une arche haute dont les pieds sont souvent rigides ou inflexibles et qui auraient dès lors besoin d’un amorti plus important pour absorber les chocs. Quant aux chaussures dites « de stabilité », elles sont préconisées pour les personnes ayant une arche moyenne, car elles ont un amorti et un contrôle du mouvement modéré (Cheung & Ng, 2007 ; Knapik, Trone, Tchandja & Jones, 2014).

 

Récemment, un nouveau type de chaussures est apparu : les minimalistes. Celles-ci se caractérisent par l’absence de support pour l’arche du pied, un drop (différence de hauteur entre l’avant et l’arrière de la chaussure) minimal (< 5 mm), une semelle fine (< 15 mm) et ultra-flexible ainsi que par un poids très réduit (< 200 g) . Les chaussures minimalistes sont censées permettre une foulée plus naturelle, proche de la course à pieds-nus. Des différences biomécaniques entre la course à pieds-nus et la course avec chaussures ont été démontrées au niveau de la flexion du genou et de la hanche ainsi que de l’abduction de la hanche (Ryan, Elashi, Newsham-West & Taunton, 2014).

 

D’un point de vue scientifique, de nombreuses études se sont intéressées aux changements biomécaniques induits par les différents types de chaussures. Ces études avancent souvent l’hypothèse qu’un changement de style de course à pied induit par la chaussure de course à pied peut influencer le taux de blessures. Néanmoins, d’après la revue systématique de van Gent et al. (2007), peu d’auteurs ont réellement étudié la relation entre l’utilisation des chaussures et le risque de blessures liées à la course à pied.

 

L’objectif principal de cette revue systématique de la littérature est de déterminer si la chaussure de jogging est bel et bien un outil de prévention contre les blessures liées à la course à pied. Aussi, au travers de ce travail, nous essayerons de déterminer quelles sont les caractéristiques techniques des chaussures de course qui semblent être associées au risque de blessure. Finalement, nous tenterons de dégager les conseils les plus pertinents pouvant être diffusés à la communauté des coureurs.

1.Schneider Electric Marathon de Paris (http://www.schneiderelectricparismarathon.com/fr/la-course/chiffres-cles)

2.The Running Clinic (http://www.therunningclinic.ca/blog/2012/09/definition-du-minimalisme-defining-minimalism/)

 

 

 

DISCUSSION

 

Cette revue systématique de la littérature est la première à investiguer l’impact de la chaussure de jogging sur les blessures liées à la course à pied. Plusieurs revues ont été publiées, mais ces dernières se sont davantage concentrées sur l’ensemble des facteurs de risque pouvant provoquer des troubles musculo-squelettiques lors de la course (van Gent et al., 2007 ; Yeung et al., 2011 ; Saragiotto et al., 2014).

 

Douze articles ont été inclus dans cette revue systématique pour un total de 14 303 participants étudiés. Les études retenues ont comparé les différents types de chaussures existant sur le marché (« motion control », de stabilité, amortissantes, neutres, minimalistes) ou se sont intéressées à différentes caractéristiques spécifiques (la dureté de la semelle, le prix, la marque et l’âge de la chaussure). D’autres publications ont voulu démontrer l’utilité ou non de recevoir des conseils avant l’achat de nouvelles chaussures de jogging ou encore s’il y avait un intérêt d’utiliser une ou plusieurs paires de chaussures en alternance par rapport au nombre de blessures relatives à la course à pied.

 

L’incidence globale rapportée par les études incluses dans cette revue systématique varie de 23 à 46 %. Ces chiffres sont assez semblables à ceux que l’on retrouve dans la littérature actuelle (van Gent, 2007 ; Saragiotto et al., 2014).

 

Nos études se sont intéressées aux blessures liées à la course et à l’impact des chaussures de jogging sur la survenue de celles-ci. Cependant, il ne faut pas oublier que le lien supposé entre la chaussure et la blessure s’explique principalement par l’influence présumée de la chaussure sur la technique de course et/ou sur les forces d’impact. En effet, il a souvent été démontré que la chaussure de jogging engendrait des changements biomécaniques lors de la course (Sobhani et al., 2013 ; Willson et al., 2014 ; Squadrone, Rodano, Hamill & Preatoni, 2015). Des caractéristiques biomécaniques sont souvent associées aux risques de blessure (Barton, Levinger, Crossley, Webster & Menz, 2011 ; Lorimer & Hume, 2014). Cependant, ces études transversales ne permettent pas de déterminer la cause et l’effet de ces caractéristiques biomécaniques sur le risque de blessure. De plus, ce lien parait controversé et la cause est souvent multifactorielle. L’un de ces principaux facteurs biomécaniques étudiés lors de la course à pied est la pronation excessive. De nombreux auteurs prétendent qu’une augmentation de l’éversion de l’arrière pied dans la phase d’appui lors de la course et une pronation excessive seraient associées à un risque de blessure plus important (McKenzie, Clement & Taunton, 1985 ; Gross & Napoli, 1993 ; Reinschmidt & Nigg, 2000). Ainsi, alors que la morphologie du pied est un faible facteur de prédiction de la dynamique du pied, les coureurs sont souvent classés soit selon leur type de pied (pronateur, neutre ou supinateur) soit suivant la hauteur d’arche de leur pied (Schwellnus & Stubbs, 2006 ; Ryan et al., 2011 ; Knapik et al., 2014 ; Hoffman et al., 2015). Dès lors, les fabricants de chaussures de course ont proposé des solutions pour changer la cinématique des membres inférieurs lors de la course (Jorgensen, 1990 ; Nigg & Segesser, 1992 ; DeClercq, Aerts & Kunnen 1994 ; McPoil, 2000). C’est pourquoi de nouvelles conceptions sont incluses dans la chaussure pour tenter de diminuer l’amplitude ou de contrôler la vitesse de pronation par exemple. De ce fait, il n’est pas étonnant de voir apparaitre différentes chaussures de jogging comme les « motion control », les chaussures de stabilité ou celles avec des qualités supérieures d’amorti (Barnes & Smith, 1994 ; Knapik et al., 2014).

D’après les trois publications de Knapik et al. (2009, 2010a, 2010b) et leur méta-analyse (Knapik et al., 2014), l’attribution du type de chaussures en fonction de la hauteur de l’arche du pied n’influence pas le taux de blessures au sein de l’armée américaine. En effet, il n’y a aucune différence significative entre les participants portant des chaussures adaptées à leur hauteur d’arche de pieds et les sujets ayant reçu des chaussures de stabilité. Dans l’étude de Ryan et al. (2011), les résultats sont encore moins favorables à l’approche décrite ci-dessus. Les sujets avec des pieds neutres ou pronateurs et utilisant des chaussures « motion control » ont ressenti davantage de douleurs lors de la course à pied que ceux avec des chaussures neutres ou de stabilité. Ce groupe a également rapporté le plus grand nombre de jours d’entrainement manqués à cause de douleurs diverses. Rappelons que cette notion de douleur est certainement à prendre en considération puisque, selon l’approche de Bahr (2009), celle-ci peut être considérée comme l’un des premiers signes d’une pathologie de surcharge qui se développe progressivement. Nielsen et al. (2014) ont adopté une autre approche afin de définir si la morphologie du pied est réellement un facteur de risque au sein d’une population de coureurs novices. Ces auteurs ont démontré un risque de blessure similaire, quel que soit le type de pied des participants, tous équipés de chaussures neutres.

 

Cependant, aucune conclusion ne peut être tirée pour les participants avec des pieds hyperpronateurs puisque le nombre de sujets était trop faible. Les résultats de l’étude de Nielsen et al. (2014) vont donc à l’encontre de la croyance populaire selon laquelle un pied pronateur est systématiquement associé à un plus grand risque de blessure lorsque l’on porte des chaussures de jogging neutres. Par conséquent, à l’heure actuelle, les preuves scientifiques ne sont pas en faveur d’un choix des chaussures de jogging en fonction des caractéristiques du pied.

 

Un nouveau type de chaussures, qualifiées de minimalistes, est apparu et s’est développé dans les années 2000. Néanmoins, ce concept de chaussure est encore mal défini. De manière générale, la minimaliste peut être décrite comme une chaussure réduisant la mécanique et/ou les inférences sensorielles entre la chaussure et le pied (Rixe, Gallo & Silvis, 2012). Des études en laboratoire sur la chaussure minimaliste (Vibram 5-Fingers) ont rapporté des changements importants dans le fonctionnement biomécanique de la course. D’un point de vue clinique, ces changements biomécaniques suggèrent que la chaussure minimaliste pourrait réduire les chocs au niveau des articulations, ce qui préviendrait des blessures (Robbins & Hanna, 1987 ; Lieberman et al, 2010). Cela dit, « cette protection » reste controversée dans la littérature (Rixe et al., 2012 ; Perkins, Hanney & Rothschild, 2014). Bien que dans l’étude de Ryan et al. (2014), le nombre de blessures est plus grand pour les sujets avec des chaussures minimalistes que ceux avec des chaussures standards, Goss et Gross (2012) rapportent que les coureurs utilisant des chaussures traditionnelles ont 3,41 fois plus de chance de rapporter des blessures que ceux avec des chaussures minimalistes. Ainsi, dans cette revue systématique, les deux articles comparant les chaussures minimalistes aux chaussures de jogging traditionnelles se contredisent. Toutefois, l’étude de Goss et Gross est désignée avec une qualité médiocre (score de 12 sur 28) vu le design rétrospectif de l’étude, la présence de biais de recrutement et d’analyse ainsi que la non-prise en considération des facteurs confondants. Quant à la publication de Ryan et al. (2014), elle est évaluée avec une qualité modérée (score de 15 sur 28). La divergence de ces résultats pourrait aussi être expliquée par la diversité des modèles de chaussures minimalistes étudiés. En tout cas, Ridge et al. (2013) ont prouvé que les coureurs intéressés par le minimalisme doivent effectuer une transition très lente et progressive s’ils veulent éviter de potentielles fractures de stress aux pieds.

 

Schwellnus et Stubbs (2006) ont montré que recevoir des conseils sur le choix de nouvelles chaussures après une évaluation biomécanique des membres inférieurs n’a pas d’influence sur le taux de blessures. De plus, les antécédents de blessures des coureurs, qui sont un facteur de risque prouvé par de nombreux auteurs tels que van Mechelen (1992) ou encore Bredeweg, Zijlstra et Buist (2010), ont été pris en considération dans leur étude et n’ont pas affecté leurs résultats. Ce constat a également été fait pour des militaires américains. Comme déjà mentionné précédemment, Knapik et al. (2009, 2010a, 2010b) ont démontré que le fait d’octroyer ou non des chaussures de jogging sur base du type de voûte plantaire n’a pas d’impact sur la prévention des troubles musculo-squelettiques.

 

Malgré une croissance substantielle des différentes marques de chaussures sur le marché ces 30 dernières années, Knapik et al. (2014) ont conclu dans leur méta-analyse que l’incidence est similaire pour plusieurs fabricants de chaussures de jogging chez une population de militaires lors de leur formation de base à l’Armée. Marti et al. (1988) ajoutent que ne pas avoir de préférence concernant la marque des chaussures serait un facteur de protection contre le risque de blessure car, d’après eux, les coureurs n’ayant pas de préférence varieraient plus fréquemment la marque de leurs chaussures. Par contre, Pinshaw et al. (1984) stipulent que trois fabricants (Adidas, New balance et Nike) sont plus souvent associés à des coureurs blessés. Concernant le prix, d’après l’étude de Marti et al. (1988), des chaussures à moins de 60 euros ne provoqueraient vraisemblablement pas davantage de blessures. En revanche, celles coûtant plus de 140 euros seraient associées à une plus grande incidence. Néanmoins, le caractère rétrospectif de ces données n’est pas adéquat et le design de cette étude n’a pas été construit pour répondre à cette thématique. Par exemple, il serait envisageable que les coureurs qui se blessent fréquemment ou qui ont eu une blessure sérieuse cherchent une solution à cette problématique et soient dès lors prêts à investir dans des chaussures plus chères. En outre, les principaux facteurs confondants ne sont que partiellement décrits et n’ont pas été pris en compte dans ces deux articles (Pinshaw et al., 1984 ; Marti et al., 1988). Concernant la qualité de l’étude de cohorte rétrospective de Pinshaw et al. (1984), des doutes peuvent également être émis suite à la non-description des principaux résultats, la présence de nombreux biais et la non-utilisation de tests statistiques (score de 9 sur 28).

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la dureté de la semelle ne semble pas influencer le risque de blessure (Theisen et al., 2014). Cette conclusion concorde avec la publication de Withnall, Eastaugh et Freemantle (2006) affirmant que l’utilisation d’une semelle orthopédique amortissante ne modifie pas l’incidence des blessures localisées aux membres inférieurs chez des militaires. Acheter des chaussures de course à pied en fonction de la qualité d’amorti n’aurait donc pas de réelle importance. L’une des explications soutenues par les auteurs est que les individus sont susceptibles d’adapter leur style de course de manière à éviter l’impact excessif de la force de réaction au sol (Theisen et al., 2014). De surcroît, leurs résultats s’opposent donc à l’argument de l’industrie de la chaussure de course à pied selon lequel les personnes avec une masse élevée devraient courir avec des chaussures qui ont des qualités supérieures d’amorti. À noter que cette publication a été évaluée comme une étude de bonne qualité (score de 25 sur 28).

 

Une solution apportée par Malisoux et al. (2013) afin de prévenir le risque de blessure serait de pratiquer le jogging en alternant plusieurs paires de chaussures différentes. Dans leur étude de cohorte prospective qui peut être qualifiée de bonne qualité (score de 21 sur 28), les auteurs soutiennent une explication possible. L’alternance de différentes paires de chaussures de course à pied induirait une variation du type de charge physique appliqué au système musculo-squelettique. En effet, des théories peuvent appuyer cette variation de charge. La course à pied est un mouvement répétitif qui soumet des forces actives et externes d'impact au système musculo-squelettique. Ces dernières sont influencées par un certain nombre de variables incluant les propriétés matérielles d’éléments amortissants tels que les tissus mous, les chaussures ou la surface de contact (Hreljac, 2004). Brenner (2007) a également démontré que les enfants qui pratiquent différents types de sport se blessent moins souvent et font du sport plus longtemps que ceux qui se spécialisent dans une discipline avant la puberté. Le même type de résultats a été constaté chez des coureurs de loisir. Au regard des observations de Marti et al., (1988), il serait donc préférable pour un coureur novice d’acheter deux paires de chaussures « bon marché » et de les alterner plutôt que d’investir le même budget dans une seule et unique paire plus onéreuse.

 

D’après la revue de van Mechelen (1992), les blessures liées à la course à pied seraient associées à l’âge des chaussures de jogging. En outre, selon Fredericson (1986), il est recommandé de les changer tous les 500-1000 km en fonction du poids du coureur, du style de course ou encore de la surface sur laquelle la course à pied est pratiquée. Pourtant, notre revue systématique de la littérature ne reprend qu’une étude comparant le taux de blessures en fonction de l’âge des chaussures, celle de Taunton et al., (2003). Les auteurs affirment que l’âge des chaussures semble être un critère à prendre en considération. Néanmoins, selon l’échelle personnalisée qui a permis d’évaluer la qualité de cette publication, cette dernière s’avère d’une qualité médiocre (score de 11 sur 28). Même si les auteurs ont tenu compte des facteurs confondants tels que l’âge, le BMI ainsi que la fréquence de course à pied, les résultats ont pu être influencés notamment par de nombreux biais de sélection. D’ailleurs, aucune puissance statistique n’est présentée dans cette étude de cohorte prospective afin de déterminer la taille de l’échantillon nécessaire. Dès lors, affirmer qu’il existe réellement une différence d’incidence entre des coureurs équipés de chaussures neuves ou « en bon état » et ceux pourvus de chaussures usées est peut-être prématuré.

 

Plusieurs limites peuvent être relevées dans la réalisation de notre revue systématique. Même si 346 études ont été détectées grâce à l’algorithme de recherche sur les différentes bases de données en ligne consultées et que les références des publications incluses ont également été passées en revue, il se peut que nous soyons passés à côté de l’un ou l’autre article. Dans les études sélectionnées, une non-standardisation de la définition des blessures liées à la course à pied a également été relevée, ce qui implique que chacun des auteurs a sa propre définition et ce qui rend donc la comparaison difficile. Quant à Schwellnus et Stubbs (2006), ils n’ont pas défini clairement cette notion dans leur article. De plus, les publications retenues ont des designs différents (RCT, étude de cohorte rétrospective ou prospective) ainsi que leur propre méthode de collecte des données, ce qui a pu affecter l’incidence. Le type de coureurs étudiés varie aussi d’une étude à l’autre, généralement suite à une sélection spécifique réalisée dans chacune des publications (par exemple, des militaires, des sujets uniquement féminins, des coureurs novices, de loisir ou encore d’un bon niveau de course). Par conséquent, l’ensemble de ces facteurs a pu influencer, d’une manière ou d’une autre, l’incidence des blessures liées à la course à pied.

 

 

CONCLUSIONS

 

Les principaux résultats de cette revue systématique suggèrent que, à ce jour, la littérature ne permet pas de soutenir la thèse que la chaussure de jogging peut être considérée comme un outil de prévention. Il en ressort que le seul facteur mis en évidence afin de prévenir des troubles musculo-squelettiques est une utilisation alternée de différentes paires de chaussures. Des études ont comparé les différents types de chaussures de course à pied existant sur le marché ou se sont intéressées à différentes caractéristiques spécifiques de la chaussure. Celles-ci ne montrent aucune évidence scientifique concernant l’impact de la chaussure de course à pied sur le risque de blessure. Dès lors, un certain nombre de questions restent encore sans réponse.

 

Nous ne pouvons donc que constater un manque d’études de qualité portant sur les caractéristiques techniques de la chaussure de jogging afin de déterminer quels facteurs pourraient aider à prévenir la survenue de troubles musculo-squelettiques en course à pied. En outre, l’impact de certaines caractéristiques telles que le drop n’a jamais été étudié.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

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